Biologie - Ecologie des Tortues

Les tortues sont présentes dans les mers et sur terre. Les tortues marines passent la majeure partie de leur vie dans l’eau et n’utilisent le milieu terrestre que quelques heures par an, pour y pondre. Les tortues évoluant sur les continents sont soit totalement terrestres, soit palustres. Dans ce dernier cas, les espèces vivant en eau douce passent la plupart de leur temps sous l’eau et ne sortent que pour prendre le soleil et pondre sur la terre ferme.
 
  •   Classification :

Règne : animal
Embranchement : chordés
Sous-embranchement : vertébrés
Classe : reptiles
Sous-classe : chéloniens
 
Leur plasticité adaptative est surprenante et leur permet de résister à des milieux très divers ou contraignants. Les Chéloniens occupent une grande partie de la planète, en dehors des régions les plus froides. On en trouve sur tous les continents hormis l’Antarctique.
 
  •   Morphologie :

Les Chéloniens se divisent en 330 espèces (environ, fin 2004) et sont caractérisés par une boîte osseuse comprenant trois parties : la dossière, le plastron, et les deux ponts latéraux. La dossière correspond à la partie supérieure bombée de la carapace ; le plastron est la section inférieure plate et la zone joignant ces 2 parties de chaque côté est le pont.
 
                                                                                         Cistudes d'Europe©MarineCouronne
- Le squelette :
La carapace, d’origine dermique, est originellement le produit du développement de la cage thoracique. La tortue est le seul vertébré dont les omoplates et le bassin sont situés à l’intérieur de la cage thoracique. Cette carapace est souvent très rigide, car elle constitue une boîte protectrice, mais elle est parfois mobile afin de faciliter le passage des œufs ou de permettre à l’animal de mieux se dissimuler à l’intérieur de sa boîte osseuse. La couleur générale des écailles répond souvent à la couleur générale de la peau de la tortue et du milieu qui l’environne. Par exemple, la cistude d’Europe est constellée de petits points jaunes qui ressemblent aux tâches de soleil sur l’eau des mares qu’elle fréquente.
 
-Les organes:
Les organes d’une tortue sont très comparables à ceux du vertébré que nous sommes. Toutefois, elles ne possèdent pas de dents, ni d’oreilles externes, et n’ont qu’un seul orifice excréteur : le cloaque. Leur bec coupant remplace efficacement les dents et elles possèdent des oreilles internes dissimulées par une plaque écailleuse derrière l’œil. Le cœur est de forme plate et se situe à l’avant du plastron. Quant aux poumons, ils sont de grande taille et placés au sommet de la cavité dorsale. La tortue est capable de boire des quantités importantes de liquide, sa vessie lui sert également à ramollir le sol au moment des pontes.
 
  •   Cycle biologique des cistudes d'Europe:

  •   Des animaux ectothermes :

Ectotherme ou poîkilotherme, ces termes signifient que les tortues ont besoin, comme tous les reptiles, de la température extérieure pour réguler leur température interne. Une des conséquences observables est que les tortues ne sont actives que durant la saison chaude (période d’activité). Une des activités favorites des tortues est l’exposition au soleil (aussi appelé « basking »), on peut donc les observer sur des troncs d’arbres, rochers… au soleil. En hiver, on dit qu’elles hivernent. On les observe alors rarement, puisque leur température corporelle, trop basse, ne permet pas à ces animaux d’être actifs.
 
Bain de soleil d'Emydes Lépreuse©OlivierScher 
  •   Les sens :

En dehors des communications olfactives spécifiques, l’odorat des tortues semble faible, et leur vue n’est pas d’une grande acuité. L’ouïe semble assez fine et ce sont surtout les tortues d’eau douce qui perçoivent le moindre bruit à une distance relativement importante. Les vibrations du sol seraient également perçues, ce qui explique la fuite rapide d’une tortue lorsque l'on s’approche.
 
  •   Dimorphisme sexuel :

Les mâles ont en général une queue plus forte, plus large et plus grande que celle des femelles. Chez ces dernières, le plastron est plat, alors que chez beaucoup d’espèces les mâles possèdent un plastron concave, ou légèrement creusé. Le dimorphisme le plus constant est la position du cloaque ; plus rapproché de l’abdomen chez les femelles, plus éloigné de l’extrémité de la queue chez les mâles.
 
  •   Reproduction :

Accouplement de cistudes d'Europe©Biotope
 
Bien que s’accouplant sur terre ou dans l’eau, toutes les tortues pondent sur terre. C’est même le seul moment où les tortues marines (et certaines tortues d’eau douce) s’aventurent sur la terre ferme.
Contrairement aux autres reptiles européens où le sexe des individus est déterminé par leurs chromosomes, c’est la température qui en est responsable chez les tortues. Les œufs incubés à des températures relativement élevées donnent des femelles, alors que ceux ayant rencontré des conditions fraîches deviennent des mâles.
 
  •   Menaces, protection :

Les Chéloniens font partie des animaux les plus exploités et les plus martyrisés, cela depuis les temps les plus anciens et par presque toutes les civilisations. Les plus anciennes civilisations les exploitaient comme support divinatoire (Chine) mais les tortues étaient également largement utilisées comme aliment, remède ou comme aphrodisiaque. Aujourd’hui les menaces restent l’exploitation alimentaire et commerciale, l’urbanisation, la désertification et le ramassage pour la vente. Depuis vingt ans, la prise de conscience s’est élargie à bon nombre de pays développés et au milieu scientifique. La biologie de la conservation est devenue une science à part entière.
 

Références bibliographiques: 

Bonin Franck, Devaux Bernard, Dupré Alain, 2006.Toutes les tortues du monde, 415p.