Gestion - suivi

Gestion des milieux :

La gestion des habitats des cistudes consiste à gérer et conserver les milieux fréquentés. Cette gestion passe par la mise en place d’aménagements, d’entretien des milieux ainsi que par des moyens de lutte contre les espèces néfastes aux cistudes. Cependant, il est important d’intervenir dans les zones de vie de façon raisonnable.

 
  • Préservation des zones d’ensoleillement :

Les cistudes ont besoin de s’exposer au soleil afin d’emmagasiner l’énergie nécessaire pour répondre aux besoins de leur mode de vie. Des zones d’ensoleillement doivent être suffisamment présentes sur les sites.

Cistude d'Europe©ThomasGendre

  • Les sites de ponte :

Le pâturage permet de créer des zones rases favorables à la ponte. Il est recommandé de mettre les chevaux sur les sites de ponte en fin d’hiver et au début du printemps (avant les pontes) afin d’éviter que les animaux ne piétinent les cistudes.

  • Gestion des espèces prédatrices et compétitrices :

Le sanglier : Cette espèce classée nuisible dans le département de l’Hérault, occasionne de nombreux dégâts sur les milieux naturels des réserves. De plus, il s’agit d’un prédateur des œufs de cistudes. La régulation de la population de sangliers peut se faire par la mise en place de pièges ou lorsque la population devient trop envahissante par des tirs.

L’écrevisse de Louisiane : Cette espèce envahissante a été introduite volontairement en Europe. Par la suite, cette introduction a été identifiée comme étant une erreur. En effet, ces écrevisses entrainent des nuisances au fonctionnement hydrologique (perte d‘eau par percolation, fragilisation des berges, etc.). De plus, cette espèce envahissante peut être prédatrice des jeunes cistudes et potentiellement des pontes. En effet, sur la réserve du Bagnas, l’installation de grillage autour des sites de pontes. Les écrevisses son éliminées lors de leur capture dans les pièges posés pour les suivis des cistudes.

La Trachémyde à tempes rouges (Trachemys scripta elegans): Cette tortue est une espèce envahissante et représente notamment une menace pour les cistudes en tant que compétitrice. Ces tortues sont parfois capturées et doivent être ensuite recueillies par un centre de récupération.

Trachemys scripta elegans©MarineCouronne

Suivis scientifiques :

 

  • Capture et Capture Marquage Recapture (CMR):

Des captures peuvent être réalisées sur un site (par un organisme autorisé) afin de savoir si des cistudes sont présentes. Une session de piégeage correspond au nombre de journées successives pendant lesquelles les pièges sont fixes et relevés. Ceci permet d’identifier le nombre de tortues capturées, leurs caractéristiques biométriques (poids, longueur de la dossière et du plastron...) et sanitaires. Les nasses et les verveux sont les matériaux les plus employés et les appâts utilisés peuvent être des sardines. Les pièges doivent être à demi immergés afin d’éviter les noyades, ceci peut se faire à l’aide de bouteilles en plastique. La première fois qu'une tortue est capturée, elle est identifiée par des encoches sur ses écailles à l'aide d'une lime respectant un code. On parle donc de CMR pour Capture Marquage Recapture.

Verveux©ElsaMorello

  • Suivi télémétrique:

Le suivi télémétrique est un protocole nécessitant des moyens humains et financiers importants. Un émetteur est fixé à la dosssière des tortues et permet de suivre ses déplacements. L'observateur possède une antenne permettant de détecter le signal de l'émetteur.
La localisation d’une tortue peut s’effectuer par la méthode de triangulation. Le GPS permet de déterminer la position de l’observateur et la direction du signal se détermine à l’aide d’une boussole. Quant à la deuxième technique ("Homing-in"), elle consiste à suivre l’augmentation du signal émis par l’émetteur jusqu’à ce que la tortue soit vue ou que sa présence soit très fortement soupçonnée (pour éviter son dérangement). Extrêmement précise, cette méthode présente l’inconvénient de déranger parfois les tortues et d’être chronophage.

Cistude d'Europe équipée pour la télémétrie©ThomasGendre

Réintroduction des cistudes d’Europe en Languedoc-Roussillon :

 

Définition : D’après l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) la réintroduction consiste à implanter une espèce dans une zone qu’elle occupait autrefois, mais d’où elle a été éliminée ou d’où elle a disparu.

La réintroduction des cistudes d'Europe en Languedoc-Roussillon répondant à la définition précédente a eu lieu dans deux Réserves Naturelles Nationales (RNN) : celles du Bagnas (Agde) et de l’Estagnol (Villeneuve Lès Maguelone).

Prospections/facteurs du déclin : Des prospections ont été menées en 2004 sur les réserves et ont permis de montrer l’absence des populations de cistudes sur ces sites. Les causes du déclin des populations sur ces zones ont été maîtrisées (pêche, démoustication, exploitation, etc.) et la gestion actuelle des sites est favorable au développement des cistudes.

Objectif de la réintroduction: reconstituer des populations viables sur des milieux favorables (les réserves) afin de lutter contre le déclin de ces populations. Ces populations devraient coloniser les alentours des réserves sur le long terme.

Réintroduction cistudes d'Europe 2012©ThomasGendre

Stratégie de la réintroduction :

Lâcher en 2 étapes :
-2008 : lâcher de 59 cistudes adultes prélevées en Camargue
-2012 : lâcher de 80 cistudes immatures élevées en captivité dans des centres d’élevage

Origine des tortues :
Des analyses génétiques ont révélé une similitude entre les cistudes du Languedoc-Roussillon (étang de l’Or) et celles de Camargue. De plus, les populations présentes en Camargue sont considérées comme viables, il a donc été possible de prélever sur ce site des individus adultes (lâchés en 2008) et des œufs (tortues lâchées en 2012).

Les centres d’élevage partenaires :
-CEPEC (Centre d’études, de Protection et d’Elevage des Chéloniens)
-Tortues Passion

Résultats obtenus :
Les suivis par CMR et télémétriques sur les réserves depuis le début de projet ont permis de recenser des informations permettant d’évaluer le succès du projet. Les premières populations réintroduites semblent s’être bien fixées sur les réserves et ont une bonne condition corporelle et sanitaire. Il est difficile d’évaluer le succès du 2e lâcher effectué en 2012 car les données récoltées ne sont pas assez nombreuses à l’heure actuelle. Des preuves de reproductions ont été obtenues, ce qui est un point très positif, mais la plupart des pontes ont été observées sur des parcelles agricoles en dehors des réserves. Des mesures de gestion sont mises en œuvre afin de préserver et d’élargir les milieux favorables aux cistudes dans les réserves. Ceci concerne notamment les sites de ponte.

Pour plus d'information sur la réintroduction au Bagnas, c'est ici et pour celle de l'Estagnol c'est là.