Tortue de Floride - Trachemys scripta elegans

La Trachémyde à tempes rouges, Trachemys scripta elegans aussi appelée, tortue « de Floride » est originaire du bassin versant du Mississipi aux États-Unis. On la reconnaît grâce à la tache longitudianles orange à rouge située derrière l’œil. Sa carapace aplatie peut mesurer de 15 à 25 cm voire plus selon l’âge des specimens. Chez les plus jeunes, la carapace est olivâtre à brunâtre, plus ou moins marquée de jaunes s'assombrissant chez les individus vieillissant et il n'est pas rare de constater un mélanisme (pigmentation noire). Des lignes jaunes continues parcours la tête et les membres. La dossière est assez plate et le plastron est jaune avec des taches noires parfaitement symétriques.  Elles peuvent vivre en moyenne une vingtaine d'année dans la nature et jusqu'à une quarantaine d'année en captivité.
 

Trachemys scripta elegans - Caractéristiques morphologiques  ©MarineCouronne

Dossiere Trachemys scripta elegans©ThomasGendre  Plastron Trcahemys scripta elegans©CEN L-R

Répartition régionale :

En Languedoc-Roussillon (L-R) on constate que les Tortues de Floride sont essentiellement présentes en plaine et sur le littoral, dans une grande diversité d’habitats aquatiques doux à peu saumâtres (teneur en sel de l’eau légèrement inférieure à celle de l’eau de la mer), qu’ils soient stagnants ou légèrement courants. La zone entre Montpellier et Nîmes est la plus fortement envahie, sans oublier la plaine du Roussillon. Cette distribution est légèrement biaisée par une moindre quantité d’observateurs naturalistes de l’Aude, du Minervois et de la Lozère. La fixation de la population en L-R est en cours.  La répartition des tortues de Floride semble prédisposée à induire une forte coexistence avec les tortues autochtones.

 

Habitat :

La tortue de Floride est une tortue d’eau douce. C’est une espèce fortement adaptable qui se rencontre dans une grande diversité d’habitat dont les lacs, mares, bassin, canaux et rivière calmes… Cette espèce est beaucoup plus aquatique que la Cistude d’Europe.
Ces tortues américaines s’exposent fréquemment au soleil, sur les troncs d’arbres ou sur les berges des étangs, souvent en compagnie d’espèces locales.
 
Trachemys scripta elegans©OlivierBorn

 

Alimentation :

Cette tortue est opportuniste et sa nourriture est très variée. Les jeunes sont plus carnivores que les adultes et se nourrissent de poissons, d’amphibiens d’écrevisse,… Les adultes s’alimentent en végétaux aquatiques mais ne dédaignent pas toute proie ou charogne passant à leur portée.

Alimentation tortue de floride©CEN L-R

 

Hivernation :

Comme beaucoup de tortues palustres présentes sur le territoire, la tortue à tempes rouges hiverne d’octobre à mars. On peut cependant l’observer en hiver durant les journées les plus ensoleillées.

 

Dimorphisme sexuel :

Il existe un dimorphisme entre les deux sexes : les mâles peuvent facilement atteindre une taille de longueur de carapace de 25 cm contre 28 cm pour les femelles. Le plastron des femelles est plat alors que celui des mâles est concave. Ces derniers sont également caractérisés par de longues griffes recourbées aux pattes antérieures utiles lors de la reproduction.
 

Reproduction :

Les accouplements commencent aux mois de mars et avril, à la sortie de l’hivernation. Le mâle tourne autour de la femelle et la caresse à l’aide de ses longues griffes. Deux mois après l’accouplement, les femelles pondent. Lorsque l’espèce recouvre le même territoire que la cistude, les tortues à tempes rouges pondant sur les mêmes sites.
Les preuves de reproduction de Tortue de Floride en liberté dans la région Languedoc-Roussillon sont nombreuses.
Les femelles pondent une dizaine d’œufs en moyenne, et les jeunes sortent de l’œuf au bout de 2-3 jours. Pour pondre, elles utilisent leurs pattes arrières pour creuser un petit trou (hors de l’eau) dans lequel elles placent leurs pontes.
A la naissance, les jeunes tortues mesurent de 2 à 3,5 cm et atteignent la maturité sexuelle aux alentours de 2 à 5 ans chez les mâles et 5 ans minimum chez les femelles. 

 

Prédation :

Cette espèce n’est pas réellement menacée car ses effectifs dans la nature sont encore importants Cependant c’est elle qui menace indirectement nombre d’espèces dans le monde.En Europe, elle n’a que des prédateurs opportunistes ou généralistes comme le goéland argenté. Celui-ci a été souvent observé chassant des tortues de Floride, qu’il capture aussi bien à terre que par 80cm de profondeur.

Trachemys scripta elegans©PierreFita

Statut de l’espèce :

Considérée comme invasive, l’importation de la Trachemys scripta elegans est interdite dans l’Union Européenne depuis 1997 (le 15 décembre 1997, Règlement CE 2551/97)
L’espèce est aussi inscrite à l’annexe III de la Convention de Berne.
 
Les Trachemys scripta elegans font partie des tortues de Floride mais il en existe d'autres: les Pseudemys, les Graptemys, les Chrysemys...

 

Que faire si l'on trouve une tortue de Floride ?

 

Faire part de son observation au CEN L-R par le lien observations ou par téléphone au 04.67.29.90.64

Ne pas la relâcher et contacter un centre de récupération pour la prendre en charge : Tortues Passion (Vergèze) ou CEPEC (Saint Quentin La Poterie).

 

Si votre observation est faite hors Languedoc-Roussillon , voici le lien des "référents" des autres régions.

Bibliographie:

COÏC Christophe. 2008. Guide des tortues de France, editions sud ouest, 53p.
GENIEZ M. (coord.), 2012. Identifier les animaux. Tous les vertébrés de France, Benelux, Grande-Bretagne et Irlande. Biotope, Mèze (Collection Bibles du naturaliste), 320p.
ARNOLD Nicholas, OVENDEN Denys, 2004. Le guide herpéto, 199 amphibiens et reptiles d’europe. Paris : Delachaux et Niestlé, 288p.
BONIN Franck, DEVAUX Bernard, DUPRE Alain, 2006. Toutes les tortues du monde. Paris : Delachaux et Niestlé, 415p.
CEN L-R, juillet 2013. Interactions entre une ecpèce envahissante, la tortue de Floride et deux tortues patrimoniales en Languedoc-Roussillon, la Cistude d’Europe (Emys Orbicularis) et l’Emyde lépreuse (Mauremys leprosa).JAPIOT Xavier, PERRIN Magali, PROUZET Anne,  in : DORIS, 25/4/2012 : Trachemys scripta (Schoepff, 1792), http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=1326